Tout ce que votre navigateur dit de vous — même sans le vouloir
Ouvrez n'importe quel outil de détection système et regardez attentivement. Résolution d'écran, GPU actif, nombre de cœurs CPU, liste des codecs supportés, IP publique, langue, fuseau horaire… La liste est longue. Aucun plugin, aucune installation requise : ces informations sont exposées nativement par les API JavaScript de votre navigateur, accessibles à n'importe quelle page web.
C'est utile pour les développeurs, les techniciens support, les équipes QA — et aussi pour comprendre ce que les sites web peuvent savoir de vous sans jamais vous demander quoi que ce soit.
Ce que le navigateur expose encore
Le User-Agent reste la source d'identification principale. Il révèle le nom et la version exacte du navigateur, le moteur de rendu, et un aperçu du système d'exploitation. Chrome 148 sur macOS, Firefox 128 sur Windows 11 — les sites web le reçoivent à chaque requête HTTP.
La résolution d'écran via screen.width et screen.height, combinée au devicePixelRatio, permet de reconstituer la résolution physique réelle de votre dalle.
Le GPU via l'extension WebGL WEBGL_debug_renderer_info : si le navigateur l'autorise, on peut lire le nom exact du renderer (ex. « Apple M2 » ou « NVIDIA GeForce RTX 4090 »). Certains navigateurs (Firefox en mode strict) masquent cette information.
Les codecs audio et vidéo via canPlayType() : chaque navigateur supporte un sous-ensemble différent. La présence ou l'absence d'AV1, H.265 ou Opus peut servir à différencier les configurations.
Ce que les navigateurs cachent désormais — et pourquoi
Les navigateurs modernes ont activé plusieurs protections contre le fingerprinting, la technique qui permet d'identifier un utilisateur de façon unique sans cookies, en combinant les informations système.
La version d'OS est gelée dans le User-Agent. macOS retourne systématiquement « 10.15.7 », Windows retourne « 10.0 », même sous Windows 11. Ce comportement est intentionnel depuis Chrome 90+ et Firefox 110+. La vraie version est disponible via la spec User-Agent Client Hints, mais seulement si le site la demande explicitement.
L'IP locale est anonymisée via mDNS. Avant 2020, WebRTC exposait votre IP locale (type 192.168.1.42) même derrière un VPN, via les ICE candidates. Depuis, Chrome, Firefox et Safari retournent un UUID aléatoire (xxxxxxxx.local) à la place. La fuite WebRTC reste possible dans certains navigateurs non patchés ou avec des extensions VPN mal configurées.
La RAM et les cœurs CPU sont arrondis. navigator.deviceMemory ne retourne que des valeurs discrètes (0.25, 0.5, 1, 2, 4, 8 Go) et navigator.hardwareConcurrency est parfois limité par le navigateur, précisément pour réduire l'entropie du fingerprint.
À quoi ça sert concrètement ?
Pour les développeurs web : vérifier rapidement qu'un client en support a bien Chrome à jour, détecter si son navigateur supporte H.265 ou AV1 pour servir le bon codec, ou confirmer la résolution réelle pour reproduire un bug d'affichage.
Pour les équipes IT : documenter la configuration d'un poste sans accès distant, vérifier l'IP publique d'un site distant, confirmer que les cookies et JavaScript sont bien activés.
Pour les curieux : simplement voir ce qu'un site web peut savoir de vous en une milliseconde, sans aucune interaction de votre part.
L'outil en pratique
Notre outil Informations Système regroupe toutes ces détections en une seule page, organisées par catégorie : navigateur & OS, affichage & matériel, connexion & IP, plugins & fonctionnalités, codecs. Tout est calculé en local — l'IP publique est la seule donnée qui transite par un service tiers (ipapi.co), directement depuis votre navigateur.